Si vous visitez Lisbonne, ne manquez pas le Museu Nacional do Azulejo! Ce musée occupe l’ancien couvent de Madre de Deus et retrace cinq siècles d’histoire de l’azulejo, cet art du carreau de faïence peint si caractéristique du Portugal. Nous avons été captivés par la richesse des collections, des motifs géométriques hispano-mauresques aux créations contemporaines. La chapelle baroque dorée et l’immense panorama de Lisbonne d’avant 1755 justifient à eux seuls la visite de ce lieu exceptionnel.
Découvrez dans cet article nos conseils utiles en images pour préparer au mieux votre visite du Museu Nacional do Azulejo à Lisbonne.

Cet avis est complètement indépendant, basé sur nos expériences. Nous avons visité la région de façon anonyme, en faisant nos propres choix, et en payant nos factures entièrement.
Pourquoi visiter le Museu do Azulejo
Le Museu do Azulejo en vaut-il la peine? Notre avis:
Absolument! Le Museu Nacional do Azulejo vous permettra de découvrir l’un des arts emblématiques du Portugal: les azulejos, ces carrelages peints qui ornent de nombreuses façades dans le pays. Nous avons particulièrement apprécié la diversité de la collection: des carreaux géométriques mauresques aux grands panneaux baroques narratifs, en passant par les créations contemporaines.
Le cadre exceptionnel de l’ancien couvent ajoute au charme de la visite avec ses cloîtres paisibles, sa chapelle dorée étincelante et ses jardins intérieurs.
C’est une des meilleures activités de Lisbonne, ce musée plaira autant aux passionnés d’artisanat qu’aux novices!

Pourquoi le Museu do Azulejo est-il célèbre?
Le musée conserve la plus vaste collection d’azulejos du pays. Il retrace l’histoire complète de cet art portugais emblématique, depuis les premières influences hispano-mauresques du XVe siècle jusqu’aux créations contemporaines qui parent les stations de métro lisboètes. Le bâtiment lui-même, l’ancien couvent de Madre de Deus fondé en 1509, constitue un monument historique remarquable. Sa chapelle baroque entièrement recouverte de dorures et d’azulejos éblouit les visiteurs.

Notre coup de cœur
Vous découvrirez notre visite en détail par la suite mais au dernier étage, nous sommes restés scotchés devant le Grand Panorama. Cette fresque monumentale de 23 mètres de long réalisée vers 1700 est attribuée au peintre espagnol Gabriel del Barco. C’est un document historique bouleversant: il nous montre Lisbonne dans toute sa splendeur juste avant sa destruction par le séisme de 1755. Amusez-vous à détailler les milliers de caravelles sur le Tage et à repérer les monuments que vous avez visités dans la ville; pour nous, c’est la « photographie » en céramique la plus précieuse de Lisbonne.

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Histoire en bref
L’histoire du musée se confond avec celle du couvent qui l’abrite:
- 1509 : La reine Leonor de Viseu fonde le couvent de Madre de Deus pour les religieuses clarisses franciscaines.
- 1541 : Début de la construction du nouveau couvent, incluant le tombeau de la reine fondatrice.
- 1690-1700 : Installation des grands panneaux d’azulejos dans l’église, dont les scènes de la vie de Saint François et Sainte Claire.
- 1720-1746 : Importants travaux de décoration du Haut-chœur et de la chapelle Saint-Antoine avec leurs azulejos baroques.
- 1755-1759 : Le tremblement de terre de Lisbonne endommage l’Arc de Triomphe et le plafond de l’église. Des travaux de restauration suivent immédiatement.
- 1871 : Décès de la dernière religieuse. L’État acquiert le couvent et le transforme en asile Maria Pia.
- 1965 : Le gouvernement portugais installe le Museu Nacional do Azulejo dans les bâtiments du couvent, comme dépendance du Musée d’Art Ancien.
- 1980 : Le musée obtient son autonomie administrative et devient officiellement Museu Nacional do Azulejo. Le musée présente cinq siècles d’azulejos portugais, du XVe siècle aux créations contemporaines.

Accès: Museu do Azulejo, Lisbonne
Où se trouve le Museu do Azulejo?
Le Museu Nacional do Azulejo occupe l’ancien couvent de Madre de Deus, 4 Rua da Madre de Deus 4.
- Dans le quartier de Xabregas.
- À l’est du centre de Lisbonne, à environ 3km de la Praça do Comércio
- À 2,5km du quartier d’Alfama et proche du Panteão Nacional

Comment s’y rendre?
Plusieurs options s’offrent à vous pour rejoindre le musée en transports en commun:
- En bus, les lignes 742, 203, 210, 718 et 759 s’arrêtent devant l’entrée.
Depuis la Praça do Comércio au centre-ville, prenez le 759 qui vous y conduit en 15min.
Depuis Belém, la ligne 742 effectue le trajet en 25min. - En tramway, aucune ligne ne dessert directement le site, mais vous pouvez emprunter le célèbre tram 28 jusqu’à Graça, puis marcher 20 minutes ou prendre un bus.
- À vélo, une piste cyclable longe agréablement le Tage depuis le centre. Comptez 20 minutes depuis Alfama, 30 minutes depuis la Baixa. Des stations Gira (vélos en libre-service) se trouvent à proximité, notamment à 300 mètres du musée.

Parking
Vous pouvez également opter pour la voiture. Depuis le centre-ville, vous rejoindrez le musée en 10min seulement. Un parking public se situe Rua de Xabregas, à 5 minutes à pied du musée. Le stationnement dans les rues alentour est généralement disponible dans des zones bleues payantes en semaine. Le dimanche, le stationnement devient gratuit dans tout le quartier. Si vous visitez Lisbonne pour quelques jours, nous vous conseillons de privilégier les transports en commun.
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- Ne prenez pas une voiture trop large car les villes anciennes ont des rues étroites et des places de parking petites
- Pour plus de choix, réservez tôt.

Lire nos conseils
Conseils utiles: durée, horaires, manger…
Meilleur moment pour visiter
Le musée est populaire, nous vous conseillons donc d’acheter vos billets en ligne pour éviter les files d’attente. Les matinées en semaine, offrent une visite tranquille avec peu de monde.

Durée de visite et principales difficultés
Comptez 1h30 minimum pour parcourir les collections principales.
De notre côté, nous avons passé plus de 2h sur place, captivés par la richesse des collections et l’atmosphère paisible des lieux.
Le musée s’organise sur plusieurs niveaux reliés par des escaliers, mais un ascenseur et des rampes d’accès facilite la circulation des personnes à mobilité réduite. Le parcours implique quelques marches entre les salles mais les cloîtres et jardins se visitent de plain-pied. Les salles spacieuses permettent une circulation fluide.

Conseil sens de visite
Nous vous conseillons de suivre le parcours chronologique proposé par le musée. Il débute par les origines hispano-mauresques au rez-de-chaussée, vous conduit à travers l’évolution baroque et néoclassique, puis vers les créations modernes aux étages supérieurs.
Vous terminez par le Grand Panorama de Lisbonne au deuxième niveau, ce qui crée une belle conclusion visuelle. Le troisième étage est consacré aux expositions temporaires et comporte une librairie et une boutique.
Découvrez les cloîtres et jardins agréablement en fin de visite, avant de vous installer à la cafétéria pour une pause gourmande.

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Visiter avec des enfants
Le musée propose des livrets-jeux pour les enfants qui rendent la visite ludique et interactive. Des reproductions d’azulejos tactiles jalonnent le parcours: vos enfants peuvent les toucher et comprendre concrètement les techniques de fabrication des carreaux.

Horaires et tarifs
Le musée est ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Voici les tarifs:
- Plein tarif adulte: 8€
- Tarif réduit pour les jeunes (13-25 ans), seniors (+65 ans) et familles
- Gratuit pour les moins de 13 ans
- La Lisboa Card donne accès gratuit au musée et permet de couper la file
Pour consulter les tarifs actualisés et découvrir la programmation des expositions temporaires, rendez-vous sur le site officiel pour plus d’infos ici.

Visites guidées
Le musée propose des visites guidées uniquement en portugais. Des audioguides sont disponibles en téléchargement sur votre smartphone en plusieurs langues, dont le français, l’anglais et l’espagnol. Des livrets pour adultes détaillent les collections principales sur demande à l’accueil. Nous avons trouvé que la visite autonome fonctionne très bien. Les cartels expliquent clairement l’évolution de l’art de l’azulejo à travers les siècles.

Restauration
La cafétéria du musée occupe un espace charmant donnant sur un jardin intérieur. Elle sert cafés, thés, pâtisseries portugaises traditionnelles et quelques plats légers. Les prix restent raisonnables, entre 3 et 8€. C’est l’endroit idéal pour une pause avant ou après la visite, dans une atmosphère paisible.

L’ancien couvent de Madre de Deus: un havre de paix
Ce musée a ceci de magique qu’il vaut autant pour ses collections que pour son écrin: le couvent de Madre de Deus, fondé en 1509 par la reine Leonor de Viseu.
Une parenthèse enchantée à travers cloîtres et jardin
Le Grand Cloître de D. João III: la majesté de la Renaissance
Dès l’entrée dans le Grand Cloître de D. João III, nous avons été saisis par la noblesse des lieux. Construit à partir de 1554, cet espace à ciel ouvert est un bijou d’architecture maniériste qui impose par sa grandeur et ses lignes épurées. l sert aujourd’hui d’écrin à une partie des collections et articule la circulation vers les étages supérieurs. Avant de découvrir les oeuvres, prenez le temps d’y flâner, pour ressentir la vocation spirituelle de l’ancien couvent.

Le Petit Cloître manuélin : murs hypnotiques et pause végétale
Plus loin, l’ambiance change radicalement dans le Petit Cloître, véritable joyau d’architecture manuéline beaucoup plus intimiste. Ce qui fait sa magie, ce sont les azulejos qui habillent ses galeries : nous avons été fascinés par les motifs géométriques en « pointes de diamant » et les entrelacs typiques du XVIe siècle qui créent un rythme visuel hypnotique.

Ce havre de paix se prolonge magnifiquement dans le Jardin d’Hiver à la fin de la visite. Avec sa végétation luxuriante sous verrière, c’est l’endroit idéal pour prolonger votre visite en toute quiétude loin de l’agitation urbaine.

Cinq siècles d’azulejos portugais: du mauresque au contemporain
Le parcours chronologique du musée retrace l’évolution fascinante de l’art de l’azulejo au Portugal. Prenez le temps d’observer les transformations stylistiques, les innovations techniques et les changements dans l’usage de ces carreaux décoratifs.
L’essor de l’azulejo: du XVe au XVIIe siècle
Les premiers azulejos portugais imitaient les productions de Séville et d’Italie au XVe siècle.Le parcours est un fascinant voyage dans le temps qui débute avec les premiers azulejos du XVe siècle. Vous y verrez l’influence mauresque avec ces motifs d’entrelacs et d’étoiles aux teintes vertes et jaunes, obtenus grâce aux oxydes métalliques. C’est passionnant d’observer la transition vers la Renaissance portugaise: dès les années 1570, l’atelier de Marçal de Matos abandonne la géométrie stricte pour des motifs végétaux.

Puis vient le XVIIIe siècle, le véritable âge d’or: le bleu et blanc domine alors les grands panneaux figuratifs racontant la Bible ou la vie quotidienne avec une théâtralité baroque. Cette transition nous a permis de comprendre comment le Portugal s’appropria cette technique venue d’ailleurs pour la transformer en art national distinctif.

Du baroque à nos jours: l’évolution de l’art de l’azulejo
Loin de s’arrêter au passé, le musée prouve que l’azulejo sait se réinventer. Nous avons été surpris par la modernité des sections Art Nouveau et Art Déco, qui géométrisent les formes et réintroduisent la couleur. Mais ce qui nous a le plus touchés, c’est la continuité historique : le parcours s’achève sur les reproductions des azulejos qui décorent aujourd’hui les stations de métro de Lisbonne (Oriente, Jardim Zoológico). C’est la preuve vibrante que cet art ancestral continue de façonner l’identité visuelle de la ville sous nos yeux.

Les trésors du musée
Au-delà de la beauté générale de la collection, riche de plus de 7000 oeuvres, certaines pièces se distinguent par leur caractère exceptionnel. Outre le Grand Panorama détaillé en coup de coeur, nous avons été bluffés par:
L’exceptionnel patrimoine baroque
Le cœur battant du musée, c’est l’Église Madre de Deus. Préparez-vous à une véritable claque visuelle: c’est le triomphe du baroque portugais où les dorures envahissent chaque centimètre, contrastant avec les fresques et les azulejos bleus. Pour une perspective encore plus spectaculaire, montez au Haut-chœur royal. Depuis cette tribune réservée aux religieuses nobles, la vue plongeante sur la chapelle dorée est vertigineuse. Nous avons adoré cet espace solennel où les azulejos côtoient les reliquaires et les portraits royaux.

Les chapelles adjacentes sont de véritables bijoux. Ne manquez pas la Chapelle Saint-Antoine pour sa crèche en terre cuite du XVIIIe siècle et son exubérance décorative typiquement lusitanienne. Juste à côté, le retable de Nossa Senhora da Vida (fin XVIe) joue dans un autre registre : celui de l’illusion. Avec ses 1 498 carreaux, il crée des pointes-de-diamant en trompe-l’œil d’une profondeur bluffante autour de l’Adoration des bergers.

Les salles insolites
Notre coup de cœur technique va sans conteste à la Salle D. Manuel. Surprenant: ici, les azulejos du XVIIIe siècle sont en relief ! Les scènes mythologiques de Diane ou Neptune ne sont pas seulement peintes, elles sont sculptées, ce qui donne une profondeur saisissante aux murs.

D’autres pièces sont incontournables comme l’Escalier de Saint Benoît daté de 1635, dont les azulejos aux formes de losange, représentent des scènes grotesques ou la Salle de Chasse avec ses scènes champêtres pittoresques datant de 1680. De la rigueur monastique à la vie de château, chaque espace raconte une facette fascinante de l’histoire du Portugal.

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Questions fréquentes
Est-ce que le Museu Naciocal du Azuleju propose des expositions temporaires?
Le Musée National de l’Azulejo ne se contente pas de figer l’histoire: il s’anime régulièrement grâce à des expositions temporaires captivantes, installées au dernier étage. C’est une excellente occasion de découvrir comment les artistes actuels réinterprètent cette tradition séculaire, alors n’hésitez pas à consulter la programmation sur le site ici.

Où acheter des azulejos à Lisbonne?
Pour ramener un bout de Lisbonne chez vous sans abîmer le patrimoine, fuyez les vendeurs à la sauvette de la Feira da Ladra (souvent des pièces volées sur les façades !) et filez chez les experts. Pour des pièces anciennes certifiées et sublimes, Solar Antiques (Rua Dom Pedro V) et D’Orey sont les références absolues des collectionneurs. Si vous préférez du neuf fabriqué dans les règles de l’art, la Fábrica Sant’Anna, en activité depuis 1741, propose des merveilles peintes à la main dans le Chiado. Enfin, pour une option plus « design » et abordable, notre coup de cœur va à Cortiço & Netos : cette boutique géniale vend des fins de stocks d’anciennes usines des années 60 à 80.

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